FNEC FP FO Dijon

Déclaration FNEC-FP-FO au C.A.E.N. du 7 décembre

Madame la Rectrice, Monsieur le Vice-Président,

Depuis la rentrée, les salariés du secteur public et du secteur privé ont manifesté à plusieurs reprises leurs désaccords avec la politique du gouvernement visant à faire baisser le coût du travail et des services publics, et à faire disparaître les garanties collectives.

La FNEC-FP-FO soutient ces salariés et :

  • demande toujours le retrait des ordonnances réformant le code du travail ;

  • condamne la suppression 166 000 contrats aidés, dont 20 000 dans l’Éducation nationale, ce qui fragilise le fonctionnement des établissements ;

  • s’oppose à l’augmentation de la CSG de 1,7 %, au blocage du point d’indice, au rétablissement du jour de carence et à la suppression de dizaines de milliers de postes.

  • dénonce les fusions des académies et craint une généralisation à toutes les régions allant dans le sens de la déconcentration de la gestion des personnels, voire la régionalisation du recrutement. Cela risque d’être l’occasion pour l’Etat de réorganiser des services afin de faire plus avec moins de moyens alors que les conditions de travail des personnels administratifs, notamment ceux des Rectorats et des DSDEN, sont déjà très largement dégradées.

  • Constate que le gouvernement maintient la mise en place du PPCR allongeant ainsi les carrières et individualisant l’évaluation mais n’applique pas les augmentations du point d’indice et retarde l’ouverture de l’accès à de plus hautes rémunérations.

Dans le 1er degré, l’abandon de la réforme des rythmes, déjà choisi par plus d’1/3 des communes, confirme le rejet profond de cette réforme par les enseignants, les élus et les parents. Cependant le décret Blanquer accentue la territorialisation de l’école en multipliant les organisations différentes. Des conseils d’école sont organisés dans les groupes scolaires pour exprimer un avis sur un retour à la semaine de 4 jours. Mais la DASEN considère que ce n’est pas indispensable, que c’est aux élus de prendre cette décision. La FNEC revendique le retour de la semaine à 4 jours et un calendrier de 36 semaines, partout, dès la rentrée 2018.

Dans le 1er degré, l’amélioration des conditions de travail passe :

  • par la baisse du nombre d’élèves par classes, ce qui permettrait sans doute d’améliorer le niveau de lecture

  • Et par la satisfaction des besoins en RASED.

En ce qui concerne les collèges, le ministre, sans revenir sur la réforme, renforce l’autonomie des établissements avec l’arrêté du 18 juin 2017 et le projet du DNB 2018 qui laisse encore une bonne part au contrôle continu. Aucun moyen supplémentaire n’a été accordé pour permettre d’abonder les heures de latin ou les heures de langue. Les classes, à cette rentrée 2017, restent chargées dans de nombreux établissements. Les personnels ne veulent pas d’un cran supplémentaire dans l’autonomie, ils veulent la restitution des horaires disciplinaires, la création des divisions nécessaires pour permettre de travailler plus sereinement dans des classes moins chargées.

Quant à l’opération «devoirs faits», c’est une nouvelle tâche pour les enseignants, qui se rajoute aux nombreuses autres, ce qui peut expliquer le faible nombre de volontaires. Ce dispositif ne fait pas partie des obligations de services ni pour les enseignants, ni pour les CPE, ni pour les documentalistes.

En ce qui concerne la Voie Professionnelle : Une campagne de promotion de l’apprentissage se développe. Régions et patronat désignent l’éducation nationale comme un obstacle sur cette voie, alors que 183 lycées professionnels ont fermé en 10 ans. La FNEC rappelle son attachement à la voie professionnelle sous statut scolaire. Les déclarations du président du MEDEF demandant d’abaisser l’âge légal pour commencer une formation en apprentissage à 14 ou 15 ans sont inacceptables pour notre organisation, notamment parce que cela signifierait la remise en cause de l’obligation scolaire. Il s’agit de défendre les qualifications, et nous souhaitons rappeler que les résultats de l’enseignement professionnel en la matière sont bien supérieurs à ceux de l’apprentissage (71% dans le premier, 50% dans le second). L’enseignement professionnel, c’est l’école, alors qu’un apprenti est un salarié, avec un contrat de travail. La FNEC-FP-FO affirme son opposition résolue à toute remise en cause de l’enseignement professionnel national public et laïque, sous statut scolaire, qui viserait à le fusionner ou le remplacer par l’apprentissage sous la tutelle des régions et des besoins du patronat local. La généralisation des UFA au sein des EPLE avec la mise en place de classes dites à mixité de parcours, va encore dégrader les conditions d’exercice de professeurs qui doivent déjà gérer des élèves en inclusion scolaire, porteurs de handicap, les allophones, ainsi que les élèves « passerelle » qui débutent en classe de 1ère sans avoir suivi les enseignements professionnels en classe de 2nde.

Le maintien du statut de PLP, fonctionnaire d’Etat, garant de l’existence de l’enseignement professionnel initial, public et laïque, sous statut scolaire, est pour nous essentiel et non négociable.

Dans les lycées :

Revenons tout d’abord, sur les affectations en post bac à cette rentrée et la situation dramatique vécue par de nombreuses familles. Le responsable a été désigné : APB. C’est sans doute cela l’ère du numérique où c’est un logiciel, le coupable. Ce n’était pourtant pas très difficile à deviner que les enfants nés en 1999 auraient 18 ans en 2017 et qu’il fallait donc prévoir un nombre de places suffisant à l’université.

Donc, le 30 octobre dernier, le gouvernement a présenté les mesures concernant les nouvelles conditions d’accès en licence. Cette réforme organise bien la sélection à l’entrée de l’université et liquide de fait le baccalauréat comme premier grade universitaire. Parcours Sup fera des «propositions personnalisées», afin d’opérer un tri selon le «profil du lycéen» ; en réalité, surtout selon les moyens budgétaires des universités, insuffisants pour accueillir tous les demandeurs dans des conditions convenables. En démultipliant les parcours individualisés, le gouvernement s’apprête à dynamiter le cadre national des programmes et des diplômes. Cela va avoir des conséquences à la fois sur les missions et sur les statuts des enseignants du secondaire. Dès à présent, les établissements devront nommer un second professeur principal dans chaque terminale. Cette réforme fait des enseignants de lycée les premiers acteurs de la sélection, en alourdissant leur charge de travail, notamment celle des professeurs principaux. Dans un contexte où le gouvernement ferme des CIO, et où les missions des PsyEN sont remises en cause, nous craignons que le ministre cherche à s’appuyer sur la nouvelle évaluation des enseignants, qui juge leur capacité à «accompagner les élèves dans leur parcours de formation», pour leur en imposer toujours plus.

La FNEC revendique le maintien du baccalauréat comme diplôme national et 1er grade universitaire, garantissant l’accès de tous les bacheliers sur tout le territoire aux filières post bac et aux établissements de leur choix, l’exigence d’ouverture de places supplémentaires en 1er cycle post bac, le refus de toute sélection à l’université, le refus de l’instauration de blocs de compétences à la place des diplômes et qualifications.

17 décembre 2017